Interclasses Olympique
Rappelez vous, vous êtes à l'aise dans votre jogging carrefour ou Tacchini selon les moyens de papa et maman, vous avez chaussé vos Nike ou vos Adidas à 4 bandes " Mais si c'est des vrais voyons !" . cela fait un an que votre prof d'EPS vous pousse au cul pour être prêt le jour J, afin que vous ne lui foutiez pas la honte et qu'il ne passe pas pour un crétin incapable au prochain cocktail mondain au rectorat.
Vous les filles, n'êtes pas rassurées en voyant la souplesse d'une armoire bretonne des garçons, vous les garçons, avez envie de gifler toutes les filles au volley ball quand elle s'écartent en criant quand la balle arrive vers elle, vous les filles, vous demandez pourquoi les garçons rechignent à vous passer la balle tout en vous demandant ce que cela veut dire "être démarqué", vous les garçons, appréciez d'avoir des bleus plein les jambes dûes à une meute en furie de 5 filles au foot alors que la balle n'as pas bougé d'un cm.
Tout ca pour quoi ? Pour une bonne moyenne en sport cette année ? Non, tout ca pour la date fatidique où vous allez les rencontrer. Car à la fin de l'année se déroule les interclasses.
En primaire il n'y avait qu'une classe alors on faisait des inter scolaires et on rencontraient d'autres écoles. Evidemment avant même d'avoir mis un pied sur un terrain de sport, on s'était tous déjà insultés, battus 5 fois et balancé des cailloux, par jeu, pour impressionner les filles et aussi parce que on était bêtes.
Mais au collège, fini la rigolade, après les interclasses, il restait 1 mois de classe, 1 mois de honte et de vannes pour les perdants. A 15 ans, vous connaissez l'importance démesurée de ce genre d'évenements. C'est le moment de l'année où vous regrettez de pas avoir fait anglais première langue car votre classe à vous est plus apte aux rencontres mathématiques qu'aux joutes sportives. C'est le moment où je crois j'ai dû commencer à perdre mes cheveux en voyant mes partenaires habituels sous d'autres couleurs remplacés par un casting digne d'une comédie américaine. C'est le moment où à la récré vous engueulez celui de votre classe qui bouffe ses croissants en lui disant " T'as l'impression que tu cours trop vite ? La surcharge pondérale c'est pas une légende urbaine !". C'est le moment d'aller trainer vos parents chez Decathlon pour avoir des sapes classes mêmes si elles seront recouvertes par ces dossards merdiques. C'est le moment où vous découvrez l'ampleur du boulot du prof de sport pour la première fois et que vous trouvez pas drôle que vos semblables restent bloqués à 20 cm au dessus du sol au grimper de corde.
C'est le moment où vous voudriez vous jeter dans l'escalier s'y péter une jambe pour pouvoir dire " Si j'avais pas été absent à cause de mon plâtre, on vous aurait pilé !" comme à ce cross ou j'ai tellement attaqué dès le départ comme un con qu'au bout de 2 km, j'étais au bord de la crise cardiaque et mon ventre entier n'était qu'un énorme point de côté et où j'ai fait semblant de me tordre la cheville pour pouvoir abandonner avec plein de tapes amicales et chaleureuses dans le dos. Le comble fut de déclarer lors de la remise des médailles "Vous avez eu du bol !".
Et puis le jour "J" arrive, on se met 3 couches de déodorant, on enfile sa plus belle tenue, on gonfle ses Reebok Pump pour certains et on tourne la petite roue de ses Asics pour d'autres. On se motive comme on peut, on pense à la Boum (voir mon superbe post à ce sujet ) de samedi et que on va avoir le temps de se faire chier pendant les slows si on se prend une branlée.
Finalement ce jour là, on a gagné, un peu par la ruse, et le samedi soir, j'ai emballé sur la bande originale du "Grand bleu".










Les commentaires récents